Rencontre avec Yohan Rosso lors de la Leaders Cup à Disneyland Paris

Rencontre avec Yohann Rosso, arbitre international ayant officié lors de la Finale de la Coupe du Monde 2019 au Japon.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours d’arbitre ?

J’ai commencé l’arbitrage à 13 ans, dans un petit club départemental dans le 94. J’ai passé la formation départementale, puis la formation régionale. Dans la foulée après, j’ai passé des stages de détection qui ont duré trois ans et qui m’ont permis d’arriver au niveau de la Nationale 1. Il faut savoir que la Nationale 1 dans l’arbitrage, c’est l’accès au haut niveau. Une fois en Nationale 1, j’ai mis 3 ans à accéder à la ProB et 3 ans ensuite encore pour accéder à la Jeep Elite. Une fois arrivé en Jeep Elite, j’ai été choisi pour devenir arbitre international. J’ai fait un camp en Turquie, qui a duré une semaine. A la suite de ce stage, j’ai été validé arbitre international en 2015.

Comment avez-vous vécu votre année 2019 ?

2019 a été une année très vaste parce que j’ai connu beaucoup de grandes compétitions et que j’ai eu la chance d’être sélectionné pour beaucoup de finales. En 2019, j’ai d’abord fait la coupe intercontinentale, où j’ai eu la chance d’arbitrer la finale. J’ai ensuite arbitré la finale de la Basketball Champions League. En France, j’ai eu la chance de faire la finale de la Coupe de France et d’arbitrer des matchs de la finale de championnat. Et puis ensuite, j’ai eu la chance de participer à la Coupe du Monde, qui a été une expérience formidable pour moi et qui s’est finie par la finale, le 15 Septembre, opposant l’Espagne à l’Argentine.

Parmi tous ces matchs cette année, est-ce qu’il y en a un en particulier que vous avez préféré arbitrer ?

La finale de la Coupe du Monde restera un moment particulier parce que c’est compliqué d’accéder à ce niveau-là, il y a une forte concurrence et cela demande aussi énormément de préparation et de travail. C’est un bel accomplissement.

Quels sont vos objectifs futurs ?

A très court terme, c’est déjà la Leaders Cup, d’arbitrer le mieux possible aujourd’hui pour pouvoir continuer sur cette compétition. A moyen terme, il y aura d’abord les playoffs, puis, bien-sûr, il y aura l’objectif des Jeux Olympiques. Il faut savoir que chaque match d’ici les Jeux Olympiques est un moyen d’y accéder et de travailler pour performer là-bas.

Comment travaillez-vous encore au quotidien ?

Au quotidien, c’est déjà un entretien physique. Il faut savoir que nous avons une préparation physique qui est envoyée par la FIBA, qui prend en compte que l’on a deux matches par semaine à arbitrer : en plus de ces deux matchs à arbitrer, nous avons deux entraînements à effectuer. Ils nous fournissent une montre et un cardio fréquencemètre polar et grâce à une application, ils contrôlent tous nos entraînements. Après, il y a toute une partie visionnage de matches. Je regarde le plus de matches possible : des collègues des plus grosses compétitions internationales, mais aussi bien sûr mes propres matches, qui sont analysés (façon de se déplacer, de se placer mais aussi justesse des coups de sifflet). En amont de mes rencontres, j’ai un travail de scouting : je télécharge les matches des équipes que je vais arbitrer, de façon à m’imprégner un peu de leur style de jeu et de voir quel point de vigilance je vais avoir à porter pendant la rencontre. En plus de cela, on a un travail régulier : on reçoit des clips de la part de notre Directrice technique de l’arbitrage, ce qui nous permet d’harmoniser les critères pour tous les arbitres.

Quelle compétition / match auriez-vous rêvé d’arbitrer et pourquoi ?

Le rêve entre guillemets, ce serait la finale des Jeux Olympiques. Il y aurait quelques mois, j’aurais dit la finale de la Coupe du Monde pour laquelle j’ai eu la chance d’être sélectionné. Maintenant je dirais que le rêve, ce serait la finale des Jeux Olympiques.

Avoir arbitré la finale de la Coupe du Monde, est ce un avantage pour être sélectionné ?

Il y a beaucoup de concurrence, on est beaucoup et il y a de la qualité dans le groupe donc je ne prends pas pour acquis le fait qu’une finale mondiale puisse me donner accès à d’autres finales de compétitions internationales. Il y a beaucoup de qualité, de nombreux arbitres qui pourraient être sur ces rencontres. Cela me pousse donc à toujours travailler autant pour pouvoir me donner la chance d’être sélectionné. Etre sélectionné, c’est beaucoup de petits détails qui s’imbriquent : les résultats de notre équipe nationale, nos performances bien sûr et puis la performance des collègues et tout ce qui se passe à côté.

Pour une compétition internationale en particulier, est-ce qu’il y a une préparation physique spécifique qui s’ajoute à celle que vous évoquiez déjà ?

Une fois que la liste de sélectionnés est sortie, on reçoit un programme de préparation physique. Là, ça s’intensifie un peu plus. Généralement, il y a trois séances de course par semaine. Après, on complète avec un petit peu de musculation à côté, pour l’apparence physique et pour avoir une image athlétique. Le but de la FIBA, c’est qu’on soit physiquement préparés, qu’on ait une image athlétique, qu’on soit en bonne capacités physiques pour avoir toutes les capacités mentales, être frais à la fin des rencontres pour prendre les bonnes décisions.

Etes-vous engagé pour promouvoir l’arbitrage dans votre club ou votre ville ?

Bien sûr, la semaine dernière encore je suis intervenu aux côtés d’un entraineur que je côtoyais quand j’étais jeune qui a voulu monter une école d’arbitrage au sein de son club. J’ai été bénévolement intervenir pendant 2 heures. Après, j’ai un petit peu moins de temps pour être engagé dans les formations de façon régulière, mais c’est toujours un plaisir d’intervenir ponctuellement et de partager mon expérience. Avant, j’étais responsable au niveau départemental, régional, mais là avec la carrière internationale, c’est compliqué de garder cet engagement au quotidien parce que la carrière FIBA demande beaucoup de travail et d’engagement. Je pense qu’une fois que ma carrière internationale sera finie, je m’engagerai encore plus. Et je participe aussi aux stages nationaux en tant qu’intervenant, qu’encadrant. Ce sont des stages organisés par la FFBB qui permettent à des groupes d’arbitres d’accéder à la Nationale 1 au cours de leur formation.

Imaginez-vous déjà votre vie après l’arbitrage ?

Peut-être par un engagement sur la formation. Après on verra les opportunités qu’il y aura et à quel niveau. Au niveau départemental, régional ou au-dessus, cela dépendra vraiment des opportunités. En tout cas, il y a vraiment une volonté de rester dans le domaine, d’aider et de transmettre ce que je peux transmettre, partager mon expérience. Ce sera peut-être aussi un engagement au sein de mon club. C’est un club familial, dont mon père est Président, il a développé le club depuis 1976. C’est un petit club de 300 licenciés. Avant, j’entrainais deux voire 3 équipes au sein du club. J’ai dû arrêter avec les déplacements à l’international. Mais une fois que cela s’arrêtera, peut-être que je reprendrai cet engagement au sein de mon club, pour entraîner ou former des jeunes, que ce soit à l’arbitrage ou au jeu. J’aime toutes les facettes de ce sport !

 

Propos recueillis par Manon Albinet – La Poste

© Crédit photos – LNB/IS/Bellenger/Carlier

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