L’arbitrage du Rugby fixe ses objectifs

C’est un des paradoxes de ces temps troublés : l’absence de terrain a offert du temps à consacrer à un travail plus en profondeur, dont les résultats se font déjà sentir sur ce secteur de l’arbitrage, qui connaît un bel essor.

La crise n’a pas coupé le sifflet à l’arbitrage français. Si tous ses membres n’ont pas pu assouvir leur passion depuis un an, ou si peu, ils sont aujourd’hui plus nombreux dans la filière qu’ils ne l’étaient ce sinistre 15 mars 2020. « Les arbitres sont les seuls à avoir augmenté leur effectif en cette période de crise, grâce principalement à l’adresse numérique Jeveuxarbitrer@ffr.fr qui nous a permis de recruter entre 300 et 400 candidats. On n’a pas pu aller sur les terrains, mais on a compensé en préparant des projets qui vont nous faire avancer et améliorer notre dispositif de fonctionnement sur la formation ou le recrutement. Cette pandémie nous a permis de faire des choses qu’on n’avait pas forcément le temps de faire avant parce qu’on avait le nez dans le guidon avec les compétitions. C’est peut-être un mal pour un bien », constate Philippe Marguin, manager en charge de la formation à la Direction technique de l’Arbitrage (DTNA).

La rédaction du premier Plan d’orientation stratégique (POS) de l’arbitrage était par exemple un projet encore un peu flou au début du printemps dernier. Trois mois après la déclaration de crise, il était déjà validé. « Ce POS nous a permis de fixer des objectifs de travail jusqu’après la Coupe du monde 2023, un énorme objectif pour lequel on prépare des projets très novateurs. On a avancé aussi en matière de recrutement, de développement de l’arbitrage féminin, de la formation. On a revisité complètement notre méthode d’examen d’arbitrage et travaillé avec Campus 2023 ; on va se retrouver avec une centaine d’apprentis répartis sur les territoires qui vont travailler sur l’arbitrage au moins une journée sur les trois de leur engagement. Ça va être un boost important pour nos actions dans les Ligues et les territoires », prévoit Philippe Marguin.

Un bilan d’un an de crise plutôt très positif

Sans aucune nostalgie, il se souvient de l’entrée dans le long tunnel, de la privation de terrain et des premières actions menées pour contrer le fléau. « Ça n’a pas été simple de conserver tout le monde sur le gril sans compétition le week-end, admet-il. On a essayé de compenser tout ça en les impliquant au maximum dans l’opération “L’arbitre au cœur de son club”. Le jeu-concours “Découverte de l’arbitrage” a pu être maintenu parce que les arbitres se sont impliqués et ont fait cette formation auprès des jeunes. »

Dans un futur que le manager de la formation de la DTNA espère le plus proche possible, tous les passionnés de rugby pourront se retrouver sur un terrain, mieux encadrés qu’avant la crise, avec de simples rencontres amicales. « Il faut qu’on puisse organiser des festivals avant la fin de saison avec un maximum d’officiels sur ces matches, pour qu’ils puissent reprendre les bonnes habitudes. » Le bilan d’un an de crise pour son secteur de l’arbitrage est finalement plutôt très positif. « Je pense qu’on a fait le maximum et qu’on a innové, conclut Philippe Marguin. Ça va nous permettre d’accélérer tous les projets qu’on veut mettre en place dans le futur. On a pu prendre du recul et le temps de faire de belles choses. Et on a déjà des résultats avec tous ces futurs arbitres qui viennent de nous rejoindre. »

 

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