Jamila : Arbitre de Handball et infirmière libérale

Quel est votre métier ?

Depuis deux ans, je suis infirmière libérale dans les Hautes-Pyrénées, après un parcours très diversifié au sein de la fonction publique hospitalière.

Je suis juge déléguée nationale depuis juin 2019, arbitre régionale et dirigeante au sein de la commission territoriale de l’arbitrage de la ligue Occitanie de Handball. Je suis également formatrice de formateurs d’arbitres, un titre obtenu en février 2020 auprès de l’Institut Fédéral de Formation et de l’Emploi.

Pouvez-vous présenter votre parcours d’arbitre ?

Lorsque j’ai candidaté, après avoir pris conseil, pour être déléguée nationale sur les rencontres professionnelles de Handball, c’est avec un sentiment mitigé d’appréhension et de confiance que j’attendais la réponse. Elle est venue, favorable, impliquant ainsi une forte volonté de m’investir dans ma nouvelle fonction de juge délégué, comme il y a quelques années, lorsque j’ai obtenu mon Diplôme d’État d’infirmière.

Selon vous, quelles sont les valeurs communes que vous rencontrez dans votre métier de soignant et dans votre fonction arbitrale ?

Ce métier libéral et la fonction de déléguée nationale demandent, tous deux, une attention permanente, englobant la disponibilité, la mobilité, l’adaptabilité, la diplomatie et l’empathie. Même si tout n’est pas à mettre en miroir, il y a de réelles similitudes. La connaissance des règles, le sens de l’anticipation et l’analyse immédiate des situations sont autant d’atouts qui aident à la communication et à la complicité avec les interlocuteurs. Dans les deux cas, les messages doivent passer « comme une lettre à la Poste ».

Dans le contexte actuel, votre expérience d’arbitre vous aide-t-elle dans votre quotidien de soignant ?

Mon expérience sur les matchs professionnels est récente et j’ai l’ambition légitime de progresser. Dans le Handball, le rôle d’une déléguée est d’anticiper les situations, de désamorcer les éventuels conflits naissants et d’instaurer une collaboration des plus efficiente avec les arbitres afin de leur apporter aide et soutien, à l’image d’un trinôme solidaire.

Je retrouve le même enthousiasme dans ma profession, pour là aussi savoir désamorcer des situations parfois âpres, de personnes qui combattent sur leur terrain personnel et d’anticiper des risques, par le biais des actions de préventions et d’éducation thérapeutique ou d’éducation à la santé.
Il en est de même pour la notion de collaboration au sein des équipes de soins pluridisciplinaires, qui œuvrent pour un même objectif de soin.

En tant qu’arbitre, dans un contexte où le respect des règles est particulièrement important, auriez-vous un message à faire passer ?

Dans notre sport, constitué de règles établies, le rôle d’une déléguée nationale de Handball est de les faire respecter, avec ses connaissances, mais aussi son charisme. Le rôle de l’infirmière n’y échappe pas. En ce moment, nous vivons une période de pandémie où notre rôle en matière de prévention et de santé publique est primordial, tel que la sensibilisation aux gestes barrières et au respect de la distanciation pour freiner la progression du COVID -19.

Dans les deux situations, les messages sont les mêmes : l’adaptation immédiate, une photographie instantanée des acteurs en présence et surtout avec une réactivité positive.

J’en profite pour rappeler l’importance de respecter le confinement pendant cette période de pandémie. C’est réellement l’aide qui sera apportée aux soignants, qui sont en première ligne, pour prendre en charge les patients en intra et en extra hospitalier.

La mission de service public est un dénominateur commun entre votre activité professionnelle de soignant et votre fonction arbitrale, est ce important pour vous et pourquoi ?

Ma fonction de déléguée nationale, tout comme mon métier d’infirmière, sont des missions de service public. Quand le service public est absent, il est réclamé « à cors et à cris ». Même si l’importance dans les deux catégories est différente aux yeux du grand public, dans les deux cas ces missions sont indispensables, dans leurs actions, à la vie harmonieuse en société.

Elles sont de légitimes ambitions.

 


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