Interview de Tual Trainini, arbitre de Top 14

Qui êtes-vous Tual TRAININI ?

j’ai bientôt 35 ans, cela fait maintenant 18 ans que j’arbitre, et je suis arbitre de TOP 14. J’ai commencé le rugby à l’âge de 5 ans, et je suis venu à l’arbitrage un peu par hasard.

Mon père était délégué à l’époque et régulièrement on allait déjeuner avec les arbitres après match. Du coup je me suis souvent retrouvé à discuter avec eux, et ils m’ont proposé de me mettre à l’arbitrage. J’étais étudiant à l’époque, j’étais habitué à apprendre donc finalement c’était accessible pour moi. J’ai travaillé, passé des concours, et les choses se sont enchainées.

Vous avez dû choisir un jour entre jouer et arbitrer ?

J’ai arrêté de jouer aux alentours de mes 20 ans suite à une deuxième blessure aux cervicales. Les médecins m’ont fait comprendre que j’avais eu « de la chance », qu’il fallait que j’arrête le jeu, mais que je pouvais continuer l’arbitrage.

Et actuellement ?

J’arbitre donc en top 14 depuis quatre ans en tant qu’amateur et parallèlement à cela, je travaille chez Airbus hélicoptère. Pour concilier les deux heureusement j’ai une femme très compréhensive, car ça demande une vraie organisation, du temps mais je le prends pour cette passion.

Comment s’organise votre semaine ?

Toute la semaine je suis à mon travail, je m’entraîne le soir et/ou pendant ma pause déjeuner, et je débriefe les matchs le soir et le week-end je pars là où la désignation m’envoie.

Comment avez-vous vécu ces derniers mois ? Arrêt du championnat, confinement, déconfinement…

Je l’ai plutôt très bien vécu parce que dans mon activité professionnelle, j’ai eu beaucoup de choses à gérer donc c’était bien que j’ai du temps et j’ai pu me concentrer à 100% sur ces sujets. J’ai comme beaucoup de gens, profité aussi d’avoir du temps chez moi pour faire enfin toutes ces petites choses que je ne faisais pas !

Côté arbitrage, le préparateur physique de la Fédération a été à nos côtés et il nous a donné des recommandations de travail à faire niveau d’entraînement, intensité, pour être au mieux pour la suite.

Justement, qu’elle va être la suite notamment au niveau de la reprise du championnat ?

La reprise du championnat devrait se faire début septembre et pour les arbitres, du coup, au-delà du travail physique que l’on fait dans la semaine, on a les ateliers qui redémarrent en ce moment. On va retravailler comme cela avec les collègues en visio-conférence, webinar, etc.

Vous avez justement gardé des relations avec vos collègues arbitres ?

Oui on a essayé de se tenir au courant, de travailler et d’échanger sur nos différents entraînements. On s’est aussi beaucoup impliqué sur la campagne de recrutement « jeveuxarbitrer » de la FFR, donc on l’a poussé sur les réseaux sociaux, on a eu quelques échanges avec de « futurs arbitres » que nous avons mis en relation avec les responsables.
Nous avons également lancé une cagnotte solidaire avec d’autres arbitres du secteur professionnel et du secteur amateur en soutien à deux collèges arbitres qui fabriquaient des masques à destination du personnel soignant.

Quel est votre objectif ?

Je sais que je ne serai sans doute jamais arbitre international donc je me concentre pour être le meilleur arbitre possible à mon niveau, pour espérer un jour décrocher le Graal, une demi-finale ou une finale de Top 14.

Comment fait-on pour justement un jour arriver à cet objectif ?

C’est LA question. Il faut avant tout pouvoir se remettre en question après chaque match, réfléchir à ses erreurs et continuer à travailler. Il est aussi important d’avoir une analyse critique de ses performances, de se nourrir de l’expérience des gens qui ont déjà vécu eu des parcours remarquables. Au final, il faut avant tout travailler pour être meilleur à chaque match.

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