Interview de Raouf et Karim Gasmi, seul binôme Français présent au Championnat du Monde 2019

L’Allemagne et le Danemark ont accueilli début janvier la 26eme édition du championnat du monde de handball. L’équipe du Danemark a remporté la finale chez elle, à Herning. Raouf et Karim Gasmi, étaient le binôme Français qui représentait l’arbitrage.

 

Comment avez vous vécu l’annonce de cette 1ere sélection en Championnat du Monde ?

Nous sommes arbitres internationaux depuis 2013, et nous avons été pré-selectionnés sur le stage pour le Mondial où nous étions 19 binômes du monde entier. En octobre, nous avons appris que nous faisions partie de la sélection pour la Coupe du Monde, en tant que seul binôme Français et ça a été une grande joie pour nous et pour l’arbitrage Français.

 

Comment s’est passée cette première sélection ?

La compétition s’est très bien passée. Nous étions logés sur Herning, et l’ambiance était vraiment excellente dans la ville et dans les stades.
Nous avons fait 3 matchs de poule et 2 matchs de classement et nous avons eu notamment le privilège d’arbitrer l’equipe du Danemark, pays hôte, qui a fini Championne du Monde. Parmi les autres matchs, nous avons eu à officier lors de la rencontre surprise Chili-Autriche, qui a vu la victoire du Chili, ou encore Japon-Angola.

 

Y’a-t-il eu des matchs plus faciles à arbitrer que d’autres ?

Les matchs « plus simples » (Japon-Angola) peuvent être des matchs pièges, car le style de jeu est différent de celui de l’Europe, et qu’il faut être attentif pour ne pas se relâcher, et être aussi attentif et performant que lors de match dit de « grandes équipes ». La fédération internationale est vigilante justement sur l’attitude et l’engagement des arbitres, pour conserver une équité.

Nous avions acquis également de l’expérience avec ce type d’équipe en arbitrant les Finales du Championnat d’Asie des nations, la Coupe des pays du Golfe, ainsi que des matchs de clubs africains.

 

Quels ont été vos liens avec les autres arbitres internationaux ?

Nous avons eu peu de liens malheureusement, les échanges étant forcement compliqués du fait des différents sites de la compétition. Un seul autre binôme commençait les championnats du monde adulte, donc nous étions les « nouveaux », et nous avons été bien accueillis et bien entourés.
Nous avons surtout observé pour apprendre, comme nous le faisons toujours, et nous n’avons pas cherché à nous changer, mais plutôt à garder notre style et à l’appliquer tout en suivant les consignes.

 

Vous rendez vous compte de votre parcours ? 2015, vous étiez en Coupe de la Ligue, 2017 en Coupe de France…

A vrai dire, pas vraiment (rire) Nous sommes déjà tournés vers le prochain match, les prochaines échéances. Les championnats du Monde n’étaient pas un but mais un point de passage. Nous continuons à travailler, jour après jour, nos semaines sont rythmées par les entraînements et les matchs, et nous ne cherchons qu’à nous améliorer.

 

Justement, à quoi ressemble une semaine d’arbitres internationaux ?

Nous travaillons beaucoup sur nous mêmes, nos performances, et nous cherchons à nous remettre en cause en permanence pour progresser.

On a un programme physique établi par la FFHB, et une société chargée de suivre les arbitres, et nous sommes équipés pour étudier notre cardio à chaque entrainement. On a un gros travail vidéo de préparation. On est suivi sur nos matchs, et sur chaque rencontre, on a un superviseur.
Si nous avons 2 matchs dans la semaine, nous avons 3 entrainements  en plus, et nous en faisons 4 si nous n’avons qu’un seul match. C’est une vraie gestion avec une vie familiale et un emploi !

 

Du coup, où allons nous vous retrouvez dans 2 ans ?

Bonne question ! Nos responsables à la Fédération Française et internationale, ont envie de continuer avec nous, donc c’est très positif. Nous continuons donc à travailler pour représenter au mieux l’arbitrage Français.

 

 

– Propos recueillis par Yann Dubourg – Photo Henrik Mortensen