Marion ORTIS, arbitre de PRO B masculin « aller le plus haut possible… »

Marion-Ortis

Du haut de ses 25 ans, Marion Ortis arbitre en Pro B masculin. Un parcours sans faute pour la jeune alsacienne qui est tombée dans le bain de l’arbitrage en 2013 pour « dépanner son club ». Depuis, Marion gravit les échelons et aspire à de belles ambitions. Confirmée en tant qu’arbitre Pro B en septembre 2016, elle nous livre ses impressions sur cette nouvelle étape.

 

Aujourd’hui, tu évolues en Pro B, quels sont changements par rapport au niveau départemental ? 

C’est un autre monde, plus professionnel, et qui nécessite une nouvelle organisation. On est deux arbitres par rencontre. Le binôme change à chaque fois. On doit arriver trois heures avant le match sachant que les déplacements sont souvent loin. La préparation est différente aussi. Avec l’autre arbitre, on fait ce qu’on appelle le scouting, c’est-à-dire qu’on se renseigne sur les deux équipes de la prochaine rencontre : les matchs précédents, les joueurs clefs, leur rotation défensive… Cela prend en moyenne entre une demi-heure et trois quarts d’heure. L’occasion aussi de faire connaissance et d’échanger avec son binôme­ avant de se retrouver sur le terrain.

 

Comment as-tu vécu cette transition ? 

J’avais une petite appréhension au début mais l’aisance se gagne de match en match. Je me sens plus mûre aujourd’hui et surtout j’ai plus confiance en moi ce qui me manquait avant. Et puis, ma famille me soutient depuis le début. Mon père est fier de me voir évoluer et m’épanouir dans ce monde plutôt masculin. Mon copain accepte ma passion et me suit aussi ; en même temps c’est un joueur de basket !

 

Et au niveau de l’organisation, est-ce que tu as senti une différence ? 

C’est un sacré rythme à tenir. Les matchs se déroulent le mardi, le vendredi ou le samedi. Parfois, je peux être amenée à arbitrer deux rencontres dans la semaine. Pour le mardi, je dois m’arranger avec mon travail et être opérationnelle dès le lendemain malgré les kilomètres et la fatigue. Je suis adjointe responsable dans une résidence sociale. Pour tout concilier, je dois tout programmer. Le temps est difficile à trouver. Surtout pour la vie personnelle. Je n’ai pas beaucoup de temps libre pour voir mes amis, sortir, profiter de mes proches… J’aime beaucoup ce que je fais mais c’est normal que des fois j’ai envie de faire autre chose que du basket.

 

Quelles sont les exigences physiques à ce niveau ? 

Pour la forme physique, je n’ai pas vraiment changé mes habitudes. Je continue à courir deux fois par semaine minimum. Je retourne aussi dans mon ancien club de Berrwiller pour m’entraîner avec l’équipe. C’est agréable de revoir les filles et de retrouver les sensations du terrain en tant que joueuse… Sans oublier les bons moments d’une troisième mi-temps !

 

Comment as-tu été accueillie dans ce championnat ? 

Avec les autres arbitres, vraiment très bien depuis le début. Je ne vois pas de différence à arbitrer aux côtés d’un homme ou d’une femme. Avec les joueurs, il n’y a jamais eu de problème non plus. Par contre, les coaches sont souvent dans le test avec moi. Je suis une fille, jeune, qui vient juste de monter. Ils saisissent la moindre brèche pour voir ce que j’ai vraiment dans le ventre. C’était surtout le cas au début. Même si je donnais mon meilleur coup de sifflet du match, le coach le contestait et faisait tout pour me déstabiliser. Aujourd’hui, j’ai fait mes preuves et je me sens plus respectée.

 

Comment vois-tu l’avenir ? 

J’ai envie d’aller le plus haut possible en tant qu’arbitre, de continuer sur ma lancée. Après, je ne mets pas de pression particulière ; il faut que ça reste un plaisir avant tout.

 

©Photo : Marion Ortis (à gauche) avec Aurélie Vidot

 

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