Rencontre avec Stéphanie Frappart

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A 29 ans, Stéphanie Frappart est une des arbitres de football les plus actives de sa génération. Cadre dans la vie professionnelle, elle arbitre régulièrement en Fédérale 3 et FIFA referee (matchs féminins internationaux et ligue des champions).

De plus elle est la première femme à avoir arbitré un match du championnat de National.

Avec elle, nous revenons sur son expérience et sa vision de l’arbitrage féminin aujourd’hui.

 

Tous Arbitres : Pouvez-vous nous parlez de votre parcours dans l’arbitrage ? Comment y êtes-vous venue ?

Stéphanie Frappart : J’ai commencé par jouer au football à l’âge de 11 ans, 3 ans plus tard j’ai été curieuse de connaître les règles du football. J’ai été à des cours d’arbitrage pour les jeunes (foot à 7 et à 9) sur deux samedis, puis j’ai commencé à arbitrer des matchs de poussins et de benjamins. Je me suis prise au jeu et au fil du temps c’est devenu une passion. J’ai eu ma première licence arbitre en 1997.

J’ai pendant  quelques années concilié l’arbitrage et mon parcours de joueuse. Après quelques années, j’ai dû choisir entre les deux. Compte tenu qu’à cette époque le football féminin n’était pas très développé. J’ai choisi l’arbitrage, je pensais avoir plus de chance d’évoluer dans ce milieu.

 

TA : Pensez-vous qu’aujourd’hui il soit plus difficile pour une femme d’officier sur des rencontres masculines ?

SF : Non, au contraire je pense que cela peut faciliter certaines choses. La relation hommes-femmes est toujours plus cordiale que les relations hommes-hommes ou femmes-femmes. Sur le terrain, les hommes ont beaucoup plus de respect pour une femme qui arbitre, il y a moins d’insulte ou de violence envers une femme. La femme est plus pédagogue et inspire plus de confiance quand elle est reconnue comme compétente dans ses actions
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TA : Quel a été votre meilleur souvenir d’arbitrage ?

SF : J’en ai deux :

– La finale de l’Euro des -19 ans féminine à Antalya (Turquie) le 14 juillet 2012 : Suède – Espagne

– Le match amical de l’équipe de France Féminine à Lens, en août 2011 : France – Pologne. Mon premier match télévisé et avec plus de 18 000 spectateurs.

 

TA : Comment impose-t-on son autorité lorsque l’on est une femme dans un sport pratiqué en grande majorité par des hommes ?

SF : L’autorité découle de la compétence. On est respecté si les acteurs du football reconnaissent que vous êtes compétente dans votre fonction. L’autorité naturelle est renforcée par plusieurs paramètres : le regard, la confiance que vous dégagez vis à vis des acteurs, la compétence dans votre fonction, savoir appliquer la lettre et l’esprit dans une rencontre et ne pas être trop autoritaire (trouver le juste milieu)

 

TA : Comment réagissent les hommes lorsque vous arrivez sur le terrain et qu’ils découvrent que l’arbitre est une femme ?

SF : Auparavant, il y avait des réactions un peu machistes. Mais depuis quelques saisons et après avoir été reconnue dans ma fonction d’arbitre, c’est rentré dans les mœurs. Le football a évolué, la femme a aujourd’hui sa place dans le football et ce quelque soit sa fonction. La porte est ouverte, dès lors, je pense que la campagne lancée par la FFF « Mesdames, franchissez la barrière » est un bon moyen de faire franchir le pas aux autres femmes.


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