Journée de la femme : Rencontre avec la meilleure amie de Laïla Ouardad, arbitre de basket

A l’occasion de la journée internationale de la femme, ce mercredi 8 mars, nous sommes allés à la rencontre des proches des arbitres féminines, qui vivent leur passion avec elle.

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Rencontre avec Ludivine Letin, 41 ans, ancienne arbitre Championnat de France qui va nous parler de sa meilleure amie de longue date, Laïla Ouardad. Laïla, 35 ans, officie la Ligue 2 féminine et la nationale 3 masculine. Elle fait partie des 8 femmes arbitres de haut -niveau sur 85.

 

– Vous êtes la meilleure amie de Laïla depuis longtemps. Comment vous êtes-vous rencontrées ?  

Nous nous sommes rencontrées sur un terrain de basket, au club de l’Amicale Laïque de la Source (ndlr. Orléans), il y a… une trentaine d’années ! On a fait les classes de l’arbitrage ensemble et j’ai vu l’intérêt de Laïla grandir peu à peu. Elle avait déjà la passion du basket. A ses débuts, elle continuait à jouer en national. Pour l’anecdote, je l’ai même arbitré et on peut dire que c’était électrique (rire) ! Je pense que c’est une bonne chose d’avoir concilié les deux ; cela lui a permis de garder la réalité du terrain quand elle enfilait sa tenue d’arbitre.

 

– Justement, pouvez-vous nous parler de sa passion pour l’arbitrage ?

Après quelques années, elle s’est complètement consacrée à l’arbitrage. Je suis en admiration face à son investissement, elle est incroyable. Pendant que beaucoup se font bronzer sur la plage l’été ou vont au ski l’hiver, Laïla profite de ses vacances pour faire des stages d’arbitrage, de perfectionnement ou d’encadrement. Les congés y passent aussi. Ce savoir acquis au fil des ans, elle veut le transmettre aux jeunes. Du coup, elle fait encore des stages…

 

– Comment fait-elle au quotidien pour concilier sa passion avec tout le reste ? 

C’est simple, elle n’a pas de temps libre ! Samedi et dimanche c’est match, le lundi, elle visionne les vidéos de la rencontre, sans compter les entraînements toute la semaine et bien sûr… son travail à la Poste dans lequel elle s’investit énormément aussi ! Je cherche parfois le bon moment pour l’appeler (rire) ! Par contre, le mercredi, c’est cinéma obligatoire pour se retrouver. On peut dire qu’elle a vraiment un emploi du temps de ministre ; elle est obligée de tout programmer. Côté cœur, pour moi, il n’y a pas cinquante mille solutions : il faut que la personne soit aussi passionnée de basket ou qu’elle ait une activité qui lui prenne autant de temps que Laïla. Reste à trouver le temps …

 

– Quel arbitre est-elle ? Comment la décririez-vous ? 

Malgré son mètre cinquante-cinq, Laïla est forte et elle a réussi à se faire respecter grâce à sa personnalité. Ses décisions sont toujours justes. Même quand elle se trompe, elle admet toujours son erreur. L’autocritique est une qualité rare. Laïla a toujours le sourire quoiqu’il arrive (rire) ! C’est une personne très avenante sur le terrain et en dehors. Son seul défaut, je dirai qu’elle fait trop de social. Elle perd trop de temps et d’énergie à donner des explications lorsque ses jugements sont contestés. Mais Laïla s’est vraiment endurcie ces dernières années, elle s’est déjà améliorée.

 

– En tant qu’ancienne arbitre, quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’arbitrage féminin ? 

Aujourd’hui, l’arbitrage féminin est beaucoup mieux mais il reste restrictif. Les femmes sont encore trop peu à arbitrer des hommes, c’est pourtant une reconnaissance. Laïla prouve qu’elle a largement sa place. Malgré tout, je trouve que nous sommes dans une dynamique positive et que les choses sont en train de doucement évoluer.

 

Crédits photo : Merci à Nguyen Tuan Photographies de nous avoir fourni les photos de Laïla Ouardad