Charlotte et Julie Bonaventura : « L’ambiance, l’organisation, les bénévoles… Tout était parfait »

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Au lendemain du Championnat du Monde de Handball qui s’est déroulé en France, nous avons interviewé pour le site Tous Arbitres, Charlotte et Julie BONAVENTURA, arbitres internationales.

 

Vous êtes le premier binôme féminin à officier sur un championnat du monde masculin, de plus organisé en France. Comment l’avez-vous vécu ?

Charlotte : Bizarrement, nous l’avons vécu très simplement comme pour les autres compétitions internationales. Nous avons l’habitude d’arbitrer des hommes en première division du championnat français, donc nous n’avons pas ressenti de pression supplémentaire. Les règles ne changent pas sur un mondial… C’est donc un bilan très positif pour nous.

Julie : J’ai vu et fait les mêmes choses que Charlotte donc je ne peux qu’être d’accord ! C’est vrai, on a abordé ce mondial tranquillement sans stress. C’était une expérience géniale.


Vous avez arbitré quatre matchs durant ce mondial dont une 8ème de finale. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Charlotte : Les matchs se sont très bien passés, on s’est montré au niveau de la compétition ce qui était notre objectif.

Julie : L’ambiance, l’organisation, les bénévoles… Tout était parfait ! Le slogan a d’ailleurs bien été choisi : « Phénoménal Handball » !


En parlant d’ambiance, en tant que pays organisateur, le public français a fait preuve de toute sa ferveur. Comment avez-vous ressenti cette ambiance sur le terrain ?

Charlotte : Pour chacun de nos matchs arbitrés, les supporters ont répondu présents en nombre. Et pourtant, nous n’avons pas officié de rencontre avec l’équipe de France. En termes de mobilisation, on peut dire que ce mondial était une belle réussite populaire. Le plus drôle pour nous, c’est que tous les bénévoles parlaient français contrairement aux autres championnats (rire) ! A partir des demi-finales, nous avons suivi le parcours de la France… devant notre TV. C’était assez étrange de ne pas être sur le terrain !


Certaines équipes étrangères étaient arbitrées pour la première fois par des femmes, avez-vous senti un regard particulier ?

Julie : D’une certaine façon, tous les regards étaient braqués sur nous. Un binôme féminin sur un tournoi masculin, ça peut surprendre ! On a reçu beaucoup de demandes d’interview de la part de la presse étrangère. Les équipes en avaient certainement entendus parler avant la compétition. Mais cela ne nous a pas déstabilisées. Notre but était de donner le meilleur de nous-même et c’est ce que nous avons fait.
Quelles impressions pensez-vous avoir laissé à ces joueurs ?

Julie : De très bonnes j’espère ! (rire). Nous avons échangé avec les joueurs et les staffs des matchs arbitrés et les retours étaient tous positifs. Ils espèrent même nous revoir sur les prochaines compétitions. Je pense qu’il n’y a pas eu d’apriori sur le fait que nous soyons des arbitres féminines ou en tout cas, ils se sont envolés après le coup de sifflet. Les équipes voulaient avant tout de bons arbitres. Que l’on soit homme ou femme, cela n’a pas d’importance.

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Qu’avez-vous pensé de l’arbitrage étranger ? Avez-vous échangé avec les autres duos durant le tournoi ?

Charlotte : Sur ce mondial, on connaissait quasiment tous les binômes d’arbitre. Nous nous étions rencontrés sur d’autres tournois, féminin en l’occurrence. C’était un plaisir de se retrouver car on fonctionne très bien tous ensemble. Du coup, on se connaît un peu par cœur. On connait les styles de chacun. Par exemple, on voit des signes extérieurs que le public ne perçoit. En termes de compétences, je pense que nous nous valons. C’est surtout au niveau de la personnalité qu’il y a des différences dans l’arbitrage. En tout cas, aucun esprit de compétition entre nous.

Julie : Avec les autres arbitres, nous sommes des amis qui se retrouvent et qui partagent des moments forts. Et c’est certain, cette bonne entente a participé à la réussite de ce championnat. Ensemble, on ne parle pas beaucoup d’arbitrage (rire). On se déconnecte du mode 100% handball ; on délire, on parle de tout, de rien et tout cela créer une belle ambiance qui se reflète sur le terrain.
Un mondial masculin qui s’ajoute à un palmarès déjà impressionnant. Qu’attendez-vous encore ? Quel est votre GRAAL ?

Charlotte : On ne s’est jamais imaginé en arbitres de compétitions internationales, de mondiaux ni de J.O. Et c’est vrai que lorsqu’on regarde derrière nous, cela peut être impressionnant ! On ne se prend pas la tête, on continue sur notre lancée. Sur le mondial on a bien assuré. Maintenant, on est prête pour de nouveaux tournois, masculins si on nous le permet, et pourquoi pas de nouveaux J.O. On veut avant tout prendre du plaisir à arbitrer, c’est l’essentiel.

Julie : Pas de Graal à cocher dans le calendrier, on n’a jamais pensé comme cela (rire) ! La meilleure façon de faire, c’est de prendre les matchs les uns après les autres et voir où cela nous mène. Pour l’instant, cet état d’esprit nous a porté haut et loin…

 

© photo : France Handball 2017

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